L’Institut International de Recherche et d’Action sur la Fraude et le Plagiat Académique s’organise

Il est assez rare de discuter de la lutte contre le plagiat sans évoquer le nom de Michelle Bergadaà. Professeur à l’université de Genève, elle a lancé, en 2004, Responsable, un site pour lutter contre le plagiat. Elle vient de franchir une étape importante avec la structuration et le lancement du site Web de l’Institut International de Recherche et d’Action sur la Fraude et le Plagiat Académique qui a été créé en juin 2016.

« Depuis quelques mois, sous l’égide de Mme Michelle Bergadaà, Université de Genève, l’Institut International de Recherche et d’Action sur la Fraude et le Plagiat Académique s’organise. Il s’agit d’un long chemin très exaltant« , écrit Hervé Maisonneuve, auteur du site Rédaction Médicale et Scientifique.

Créé sous un statut associatif, le 18 juin 2016, à Genève, l’Institut vise à « créer un espace de rencontre scientifique international et interdisciplinaire portant sur la fraude et le plagiat, aider et accompagner les personnes physiques et morales touchées par la fraude ou le plagiat académique ». Les autres missions de l’Institut sont listées sur cette page.

L’équipe d’Éthique & Intégrité (E&I) salue cette initiative et les efforts de ses membres. Notre association E&I a lancé, en 2014, le premier portail Web et première plateforme numérique en Europe pour centraliser toutes les ressources liées au plagiat et aux autres formes de fraude académique. Notre premier objectif est d’accompagner les victimes de fraudes scientifiques, souvent des jeunes chercheurs intimidés par leurs institutions ou par les comités pour l’intégrité académique! Avec une parfaite connaissance des contextes académiques et juridiques français, allemand et algérien, Éthique & Intégrité a adopté une approche pluridisciplinaire et internationale qui s’élargira à d’autres pays même si actuellement les sujets traités portent beaucoup plus sur ces trois pays.

L’Institut International de Recherche et d’Action sur la Fraude et le Plagiat Académique à Genève ne jouera pas le rôle d’arbitre, précise Hervé Maisonneuve, membre de son conseil scientifique.

« L’Institut ne se pose pas en arbitre, mais en médiateur. Il indique et analyse les risques immédiats et/ ou potentiels d’une position ou d’une autre dans des cas de conflits, que ce soit au niveau inter-individuel (ex. personne accusée de plagiat  vs. victimes directes) ou plus systémique (ex. universités vs. éditeurs ou établissements vs. Société civile). »

En 9 mois, du 20 juin 2016 au 20 mars 2017, l’Institut a instruit 23 cas. Les chiffres et la méthodologie de travail sont présentés sur le site de l’Institut.

Présidé par Michelle Bergadaà, l’Institut réunit une équipe internationale, un bureau de cinq membres, un conseil scientifique et des conseillers par pays. On note une sous-représentation des femmes dans cette structure. Une seule femme au bureau, aucune au conseil scientifique et seulement deux sur 9 des conseillers pays sont des femmes. Debora Weber-Wulff en Allemagne et Hélène Maurel-Indart en France sont deux femmes expertes du plagiat qui peuvent apporter beaucoup à une telle initiative.

Le site de l’Institut ne précise pas clairement les règles de confidentialité que ses membres appliquent lors de l’instruction des cas, ainsi que sur sa politique d’archivage des données.

En Allemagne, souvent dès qu’une victime de plagiat communique sur la fraude, la personne plagiaire réplique en poursuivant la victime en justice pour diffamation. L’Institut de Genève ne précise pas clairement son rôle dans une pareille situation très délicate pour la victime, notamment que souvent le plagiaire bénéficie du conseil et des moyens juridiques de son institution.

L’organisation de l’Institut International de Recherche et d’Action sur la Fraude et le Plagiat Académique intervient dans un contexte fort de promotion de l’intégrité scientifique marqué par le lancement en France d’une structure nationale pour l’intégrité scientifique, ainsi que par la publication d’une édition révisée du Code de conduite européen pour l’Intégrité en Recherche.

Photo : https://responsable-academia.org

1 Commentaire le L’Institut International de Recherche et d’Action sur la Fraude et le Plagiat Académique s’organise

  1. Cette initiative est citée également dans cet article de Sciences & Avenir
    L’Office français d’intégrité scientifique s’installe
    https://www.sciencesetavenir.fr/politique/l-office-francais-d-integrite-scientifique-s-installe_111582

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